Réalisation d’un faire-part en deux couleurs / 1+1=3

En juin dernier, j’ai eu le grand plaisir d’imprimer une nouvelle création de Gwendoline Blosse ; autrice, entre autres beautés, du logo de l’atelier.
Un faire-part en deux couleurs, pour la naissance d’une petite Paolina.
Et comme tout cela peut-être un peu mystérieux, je vous propose d’en découvrir les différentes étapes de réalisation.
Car en imprimerie, comme parfois dans la vie, 1+1 peut être égal à 3.

 

En typographie (ou letterpress) on travaille une couleur à la fois, en pressant une matrice en relief sur le papier. Il peut s’agir d’un traditionnel caractère en plomb, d’une gravure sur bois ou sur linoléum mais, le plus souvent, nous utilisons des clichés en plastique ou en métal qui reproduisent un fichier numérique, grâce à un processus d’insolation et de gravure.
Ce procédé permet d’obtenir le relief en miroir d’un dessin, d’une police de caractère ou encore d’une trame photo.
Pour ce travail à l’encre, il s’agit donc de deux clichés photopolymères (un par couleur) une matière plastique doublée d’une couche d’acier que l’on vient fixer sur un support aimanté et qui se retrouvera à la verticale dans la presse.

 

On commence par le bleu !
Les teintes sont réalisées à la main, par mélange des teintes de base du nuancier Pantone.
Comme l’illustration de Gwendoline comporte deux couleurs qui vont se superposer par endroits pour en créer une troisième, on ajoute à l’encre une laque transparente pour la rendre moins opaque et, ainsi, permettre le mélange des couleurs à la superposition.
Quand l’encre est bien homogène, on la dépose dans l’encrier de la machine d’où elle va être distribuée par friction des 7 rouleaux jusqu’à encrer la matrice d’impression.

Une fois le tirage du bleu terminé, il faut laver la machine, et passer à la seconde mise à la teinte, un rose poudré, avec lequel on encre à nouveau la presse. On place le second cliché d’impression sur le support aimanté et on procède aux divers réglages, jusqu’à l’alignement parfait de cette deuxième impression sur la première.
Et c’est là qu’opère la magie des encres et des jeux de transparences, avec toujours une part de surprise : une belle teinte prune, aux endroits où le rose se superpose au bleu.

Un immense merci à Gwendoline, Sarah & Vincent pour leur confiance.
Les détails du faire-part sont par ici !

Septembre 2018 / Premiers tests d’impression.

Après la maintenance, voici venue l’heure des premiers essais sur les deux Heidelberg Ofmi de La Petite Frappe.

Je commence par un test d’encrage sur la platine T de 1972, celle qui aura demandé le plus de soins. Je choisis un cliché galva de la fin des années 70, une publicité pour la « nouvelle » Chrysler Simca…

L’essai est concluant ! Le repérage fonctionne et la frappe semble régulière. Mais les rouleaux encreurs en caoutchouc sont secs et en mauvais état. Il faudra donc attendre l’arrivée de rouleaux neufs pour pouvoir enfin réaliser une belle impression. J’ai hâte…

 

Passons donc à la seconde presse, toujours une platine T, de 1965, équipée d’un système de dorure à chaud « Multimétal ». Elle aura donné un peu de fil à retordre à l’ami électricien venu faire son branchement, il aura fallu changer quelques courroies, mais elle aussi tourne enfin comme une horloge.

Je teste cette fois-ci un cliché magnésium en vue de la réalisation de ma future carte de visite, une déclinaison en motif du logo de l’atelier, dessiné par l’illustratrice nantaise Gwendoline Blosse. J’ai peur d’avoir été un peu ambitieuse sur la finesse du motif mais bon, il faut bien essayer…

Et le résultat est décidément à la hauteur. La finesse du débossage pur est splendide. Pour ce qui est du marquage à chaud, il faudra encore apprivoiser un peu le thermostat pour atteindre le même degré de finesse, mais l’essai est prometteur.

Il ne reste plus que quelques menus détails à régler pour être tout à fait opérationnelle. Bientôt les premières productions !